
Tennis elbow chez le joueur de tennis : pourquoi votre coude souffre-t-il ?

Caroline Schelcher
Ostéopathe · Biesheim
Pourquoi le revers fatigue-t-il autant le coude ?
Vous rentrez d'un entraînement et cette douleur familière revient — une brûlure sur la face externe du coude, parfois jusqu'à l'avant-bras. Rien de spectaculaire au premier abord, et pourtant elle s'installe, s'intensifie, et finit par gêner jusqu'aux gestes du quotidien : serrer une poignée de main, soulever une cafetière.
Ce qui se passe au niveau du coude
La douleur se situe au niveau de l'épicondyle latéral, la petite protubérance osseuse à l'extérieur du coude. C'est là que s'attachent les tendons des muscles extenseurs du poignet et des doigts. Lors du revers — surtout le revers à une main — ces muscles travaillent de façon répétée et intense pour :
- Stabiliser le poignet au moment de l'impact
- Contrôler la raquette dans les phases d'accélération et de décélération
- Absorber les vibrations transmises par le cordage
Le problème n'est pas le geste en lui-même, mais son accumulation. Quand le volume de jeu dépasse ce que les tissus peuvent tolérer à un instant donné, une irritation tendineuse peut s'installer progressivement.
« Ce n'est pas forcément le match de trop — c'est souvent la semaine de trop. »
Le rôle souvent oublié du matériel et de la technique
Certains facteurs augmentent la sollicitation de l'épicondyle :
- Une raquette trop lourde ou trop rigide
- Un grip inadapté (trop fin ou trop épais)
- Un cordage trop tendu
- Un revers avec le poignet en extension au moment de l'impact plutôt qu'en position neutre
Ces éléments ne sont pas une cause directe, mais ils peuvent modifier la répartition des contraintes sur le coude et contribuer à dépasser son seuil de tolérance.
Compensations posturales : quand tout le corps s'adapte
Ce que l'on observe souvent en consultation, c'est que la douleur au coude ne raconte qu'une partie de l'histoire. Le corps est un système solidaire : quand une zone est sous tension, d'autres s'adaptent — parfois à leur détriment.
Les compensations fréquentes chez le tennisman
Lors de l'examen ostéopathique, nous explorons régulièrement :
- La mobilité de l'épaule : une rotation interne limitée peut reporter une partie de l'effort vers le coude lors du revers
- La colonne cervicale : des tensions cervicales basses peuvent modifier la transmission nerveuse vers le membre supérieur
- Le poignet et la main : une raideur du poignet oblige les muscles de l'avant-bras à compenser davantage
- La posture générale : un dos voûté ou une asymétrie du bassin peut influencer la mécanique du geste de haut en bas
Ces observations ne permettent pas d'établir un diagnostic, mais elles guident notre approche pour accompagner le corps dans son ensemble, et pas seulement la zone douloureuse.
Ce que l'ostéopathie peut apporter
Nous travaillons à restaurer la mobilité des articulations du coude, du poignet, de l'épaule et du rachis cervical, en utilisant des techniques douces adaptées à chaque joueur. L'objectif n'est pas de « réparer » un tendon, mais de créer les conditions les plus favorables à ce que le corps retrouve son équilibre fonctionnel.
Certaines personnes rapportent une amélioration du confort et de la mobilité après quelques séances. D'autres bénéficient d'un accompagnement plus progressif, surtout si la douleur est présente depuis plusieurs semaines.
Un exercice pratique et quand nous consulter
Avant de reprendre la raquette, voici un exercice simple que vous pouvez essayer pour détendre les muscles extenseurs de l'avant-bras. Il ne remplace pas une consultation, mais peut contribuer à soulager la tension au quotidien.
Étirement doux de l'avant-bras (2 minutes)
- Asseyez-vous confortablement, bras tendu devant vous, paume vers le bas.
- Avec l'autre main, fléchissez doucement le poignet vers le bas (doigts pointant vers le sol) jusqu'à sentir un étirement sur la face externe de l'avant-bras.
- Maintenez 30 secondes, en respirant lentement et sans forcer.
- Relâchez, puis répétez 3 fois de chaque côté.
Sensation attendue : un étirement modéré, jamais une douleur vive. Si la douleur augmente, arrêtez et consultez.
Quand consulter ?
Nous vous encourageons à prendre rendez-vous si vous reconnaissez l'un de ces signaux :
- La douleur persiste au-delà de 48h après l'effort
- Elle apparaît au repos ou la nuit
- Elle gêne des gestes du quotidien (ouvrir une porte, saisir un objet)
- Vous avez déjà modifié votre geste ou votre matériel sans amélioration durable
- La douleur revient à chaque reprise après une pause
Nous recevons régulièrement des joueurs de tous niveaux à notre cabinet de Biesheim. Chaque situation est unique, et nous prenons le temps d'explorer votre histoire, votre pratique et votre corps dans sa globalité — pour vous accompagner vers un retour au jeu dans les meilleures conditions possibles.


